Une liberté de poisson rouge

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Ma participation à La fabrique à textes est en ligne ! Au programme, une production sur le thème de la liberté avec une touche de féérie !

Consignes :
Juin, l’arrivée de l’été, des presque vacances et des longues journées… Ça sent un peu la liberté, vous ne trouvez pas ? On vous laisse la parole, faites sauter les cadenas et autres chaines !

Votre création libre devra être un texte original (la fanfiction n’est pas autorisée) d’une longueur de 500 mots (marge de 10% autorisée).

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Une liberté de poisson rouge

Liberté !

— Je t’en ficherai, moi, de la liberté !

Je grognai tel un animal féroce contre l’idiote pancarte de plastique accolé à son cocotier minable qui trônait dans mon bocal retourné. Je lui administrai même un grand coup de pied qui résonna dans tout mon corps tel un coup de foudre. Je sautillai nerveusement en me tenant le pied, secouant mes ailes qui déversèrent de la poussière de fée qui rejoignit l’étendue sur laquelle je piétinais. Je ne devais pas être la première à subir cet enfermement. Aussi, j’eus de la peine pour les précédentes prisonnières… Je m’assis en tailleur et affichai une moue boudeuse.

Comprenez-moi, cela allait faire de longues minutes – une éternité ! – que je frappais sur cette paroi de verre pour espérer me sortir de cet enfer. Une fée dans un bocal, c’est inadmissible ! Pourquoi étais-je ici ? Je l’ignorai et cela était terriblement frustrant ! L’ennui me gagna et je décidai d’explorer un peu ma cellule. D’un coup, d’œil, je sus que cela serait rapide mais j’avais envie de me dégourdir un peu les jambes. D’un pas las, je contournai légèrement le cocotier pour me tenir à sa droite afin de cacher l’insulte qu’il m’adressait.

Je frappai un long moment contre le verre mais il ne céda pas. Je me tournai alors dépitée vers l’arbre au centre et fus surprise d’apercevoir qu’il était soudé à une sorte de planche.

— Cet arbre est vraiment étrange…

Je continuai d’avancer pour me retrouver derrière et l’observer de plus près.

— Hey, mais ! On dirait vraiment une pancarte ! m’exclamai-je en le fixant avec suspicion.

Pourquoi n’y avait-il rien d’inscrit sur le bois ? Quelle drôle d’idée ! Je jetai alors un coup d’œil autour de moi pour constater avec effarement qu’un toit me recouvrait la tête. Je posai avec appréhension mes mains sur cette matière fraîche et m’amusai à souffler dessus pour dessiner dans la buée.

— Il y a quelqu’un ? appelai-je tout en tapotant doucement sur le verre.

Mais seul l’écho de ma voix me revint. Je fus soudainement prise d’un mauvais pré-sentiment. J’ignorai la raison pour laquelle la bulle me coupait de l’extérieur et m’empêchai de voler rejoindre mes amis. Je fis alors quelques pas pour me tenir à présent à côté de l’autre face de l’objet indiquant le centre de cet endroit insolite. Je m’en approchai à pas de félin sans le quitter des yeux. Du bout des doigts, je touchai la curieuse matière.

— Qu’est-ce qu’un arbre en plastique fait ici ? Et où suis-je ?

Je commençai littéralement à paniquer en me rendant compte que j’étais enfermée. Je hurlai et frappai le verre jusqu’à m’en briser les os tout en suppliant de me relâcher.

— Au secours ! A l’aide ! Venez m’aider !

Je sentis des larmes de désespoir et de colère rouler le long de mes joues alors que je cognai dans relâche tout faisait lentement le tour de ce maudit cocotier. Mais je me fis rapidement une raison : je ne pouvais pas briser le verre. Je revins donc à mon point de départ et aperçus qu’un mot était inscrit sur la pancarte : Liberté !

— Je t’en ficherai, moi, de la liberté !


Si le coeur vous en dit, vous pouvez noter ma participation sur le site : Une liberté de poisson rouge

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